Son entreprise :
l’aventure extrême, très extrême

Si on reconnaît les vrais entrepreneurs à leur détermination, leur quête de l’accomplissement et leur force mentale, Martin Murray en est tout un. Une de ses entreprises, c’est l’aventure, dans le froid, sur de vastes étendues gelées, en solitaire ou en groupe. Depuis quelques années, il s’entraîne à réaliser son objectif : atteindre le pôle Nord, un exploit que seulement 225 personnes ont réussi.

Son expédition au pôle Nord est prévue pour 2010, mais d’ici là, Martin Murray s’entraîne, s’évalue et apprend. « C’est l’un des endroits de la planète les plus difficiles à atteindre. Je dois faire mes preuves pour me qualifier sur le marché polaire », explique-t-il. Car ne va pas au pôle Nord qui veut : il faut garnir son curriculum vitæ d’expériences!
M. Murray a participé à plusieurs expéditions, sur le lac Abitibi entre autres, et il a passé 20 jours seul et sans assistance à traverser le lac Winnipeg en 2005-2006. La prochaine étape (janvier 2008): un parcours de tout près de 600 kilomètres jusqu’à la baie James, en 20 jours, accompagné de sa chienne Charlotte, une malamute.

Le froid et la peur : connaît pas!

Profil

Nom : Martin Murray
Âge : 35 ans
Lieu de résidence : Kapuskasing
Objectif : pôle Nord (2010)
Réalisations : expédition au lac Abitibi, traversée du lac Winnipeg en solo sans assistance
Nombre d’employés : Charlotte (sa chienne), soutien de la famille et amis
Actionnaires : à la recherche de commanditaires
Profits : fierté, dépassement, entraide, éducation
Dépenses : jusqu’à un quart de million $
Internet : www.martinmurray.ca
Facebook : Go for it be Active! Vas-y Bouge!

Mais qu’est-ce qui peut bien pousser ce jeune homme, qui travaille à l’entreprise familiale depuis sa jeunesse, à vouloir se dépasser dans ces conditions de froid extrêmes? « J’ai fait du camping d’hiver dans ma jeunesse et j’aime les sports d’hiver », répond-il candidement, comme si c’était habituel et presque banal de s’adonner à ce type d’expéditions. « C’est omniprésent dans mon environnement. Par exemple, mon frère jumeau, Justin, même s’il ne fait pas de longues expéditions, aime dormir dans le banc de neige dans son sac de couchage», ajoute-t-il.

Qu’en est-il du froid? « Il faut l’apprivoiser, même plus : il faut s’incarner au froid. C’est la seule façon de s’adapter ». Pour évaluer ses limites, il a dormi cinq jours à la belle étoile à -30 oC lors de sa plus récente expédition de groupe au lac Abitibi. Quant à la peur et à la solitude, il ne les connaît pas. «C’est ça le but de l’expédition. C’est pourquoi seulement 225 personnes ont atteint le pôle Nord », lance-t-il.

Objectif : pôle Nord

L’expédition au pôle Nord, c’est 775 kilomètres à parcourir en une cinquantaine de jours, sur une mer glacée qui offre banquises, crevasses et murs de glace comme obstacles. « L’océan Arctique, c’est l’aventure la plus brutale que peut offrir la Terre », peut-on lire sur le site de Martin Murray.

Le point de départ est Ward Hunt Island (Nunavut), au 83e parallèle; l’arrivée est le pôle, au 90e parallèle, là où « tout est au sud! », lance-t-il. Et notre homme a l’intention de planter les drapeaux canadien et franco-ontarien lorsqu’il atteindra le pôle.

L’aventure extrême au pôle, c’est aussi une aventure de gros sous : 32 000 $ (avion pour point de départ), 50 000 $ (pour un ravitaillement) et 98 000 $ (avion pour évacuation au pôle). Au bas mot, c’est 180 000 $ pour une expédition de rêve où rien ne brise. Le coût de remplacement d’un ski brisé ou d’un équipement peut aller chercher dans les 60 000 $ selon la distance. C’est pourquoi notre aventurier veut amasser 250 000 $ afin de parer à toute éventualité.

« Vas’y… Bouge! »

Martin Murray invite les gens à bouger. Il a bâti son site internet en conséquence et son groupe sur Facebook relatera ses exploits au jour le jour. Il veut d’ailleurs travailler de concert avec les écoles de la région afin d’inciter les jeunes à être plus actifs. « J’aimerais leur donner un défi à relever avant qu’ils ne s’autorisent à s’asseoir à l’ordinateur pour regarder mon journal de bord », explique-t-il. Un modèle de bonne forme physique et de persévérance, il va sans dire, mais aussi un entrepreneur visionnaire qui pense toujours plus loin.
« Le véritable voyage, c’est la préparation… la destination, c’est la planification du prochain », conclut-il.


Louise Bouchard est journaliste
et candidate au doctorat à
l’Université Laurentienne de Sudbury.